mardi 6 décembre 2016

Ad vitam






Je me souviens, de ces tartines beurrées le matin. De cette douce sensation d'ivresse au lever du soleil quand, à bras battants j'ouvrais les volets sur la campagne. 
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Cette campagne, rustique, sauvage. Ces paysage que chaque matin, petite fille, je redécouvrais avec le même amour. 
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Je me souviens de tes histoires sans fin, tes voyages en terres étrangères, ces pays que tu as traversé, cette vie à 100 à l'heure que tu as menée. 
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Je me souviens, de ton visage admiratif, tes yeux brillants, quand tu évoquais ton mari. Ce grand monsieur à l'âme tranquille et au regard perçant. Qui a voué sa vie à sa patrie et qui est parti sans aucun souvenir, pas même de toi.
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Je me souviens de ces délicieuses odeurs, à Noël, à Pâques. Ces mets chargés d'empruntes du terroir, de légumes doucement mûris au soleil. Toi à côté, en train de regarder ton jardin pousser.


Tu as bercé mon enfance, d'anecdotes d'un autre temps, dont je me sentais étrangement proche.



Le pouvoir du sang. Tu fais partie de moi, au plus profond. 
Reste ici, encore un peu, même si l'envie t'as quittée, 
Même si elle t'appelle, te tend les bras.
Attends, encore un peu, avec moi. 




Ce sont eux qui nous forgent, chaque maillon de notre ADN provient d'une chaîne que eux-même ont formé avant nous. Toute ton histoire, commence ici.
Respecte ton sang, respecte les tiens.













dimanche 18 septembre 2016

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Cette boule émotive, là, coincée dans l’œsophage,
perspectives chronophages,
regrets, dès ce jeune âge.

C'est au rythme de la pluie battante, lancinante, que vient le temps des réminiscences. Les doux accords de guitare accompagnent les larmes intérieures. Ces larmes amères, douces, dévastatrices et sources de renaissance à la fois. Comment s'en sortir ? laisser couler



La famille, ce lien du sang (et du cœur) si abrupte parfois, si pertinent, tout le temps. L'ADN et sa magie, l'alchimie d'une lignée à travers plusieurs corps, plusieurs morceaux de temps figés pour l'éternité. Combien d'âmes parties ? Combien d'âmes à venir.
Nous construisons, nous élevons, nous devons déchirer, laisser partir et se souvenir.

J'aime l'humanité, j'aime le monde entier, j'aime à en crever.

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Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur 
D'une langueur 
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure


- Paul Verlaine







mercredi 24 août 2016

Manifeste (relatif) d'un Boomer (absolu)

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" Tu verras, il fait une chaleur insupportable, tu vas souffrir " ; " Tu verras, il y a des vols, ne laisse jamais rien sur le camping " ; " Tu verras le lac sera sale dès le deuxième jours ". J'en ai beaucoup entendu des "tu verras" et effectivement, j'ai vu, mais rien de tout ça.

Quand on s'engage à vivre un festival tel que le boom, il ne faut s'attendre à rien. Car on sera toujours surpris, et les récits des autres sont, justement, les récits des autres. Voilà pourquoi je vous conseille de prendre ce qui va suivre comme mon expérience et mon point de vue. Rien d'autre.
Mieux vaut laisser l'entière place au possible que de calquer ses représentations sur la chose.

Si vous voulez "taper de la patte" "raver" toute la nuit, vous prendre la race de votre vie. Permettez moi de vous dire, chers amis, que vous vous trompez d'endroit (ou que vous allez passer à côté de tout ce qu'il faut vivre sur ce festival). J'ai de plus en plus de mal avec les personnes qui vont dans ce genre de festival uniquement et avant tout pour "s'éclater". C'est bien de s'éclater dans la vie, mais parfois vivre les choses d'une manière un peu plus profonde c'est bien aussi. 
Le Boom festival émane d'une organisation qui oeuvre depuis plus de 20 ans sur le même site, afin de faire passer à ses festivaliers une semaine des plus riches. Le respect de la nature y est primordial, le respect de soi et des autres aussi. 
On sent, dès l'entrée cette connexion avec les autres éléments. Cette force qui émane du Boom vous transpercera de part en part et vous emportera avec elle. Il faut tout de même avoir la capacité de saisir cette énergie. Combien de gens font le boom uniquement pour faire un gros festival et se foutre le crâne à l'envers. C'est presque une insulte à l'institution qu'est le Boom. 

Alors par pitié, arrêtez de me dire "t'as du t'éclater" ; "t'as du trop kiffer" ou autres aberrations préconçues. Il est évident, que cette expérience va bien au delà du simple fait de "s'éclater" à mon sens. Si vous n'êtes pas prêts à abandonner votre égo, si vous n'êtes pas prêts à faire preuve d'humilité face à l'autre et la nature. Alors vous n'êtes pas prêts de saisir tout ce que le Boom a à vous offrir. 

Pour moi, le Boom représente une utopie. Mais une utopie qu'il ne tient qu'à chaque humain de mettre en pratique dans sa vie. Notre société va complètement à contre-sens de tous ces principes. La notion de respect de l'environnement par exemple. J'ai vu des gens ramasser spontanément des détritus qui n'étaient pas à eux et es jeter dans une poubelle, quitte à perdre 10 secondes de leur temps. J'ai vu des gens rapporter des portes-feuilles sans toucher à l'argent qu'il y avait dedans, j'ai vu des gens donner en souriant et partir sans même attendre que tu les remercies. Tout ceci, qu'est ce qui nous empêche de le réaliser quotidiennement ? 

Pour ce qui est de mon expérience personnelle, je voulais remercier noir sur blanc le teptecrew. Qui une année encore me prouve malgré lui que je "trébuche dans la bonne direction". Trébuchons encore ensemble, je trouve qu'on s'en sort bien. 
Je voulais remercier toutes les autres personnes présentes qui m'ont appris, sur moi et sur les autres. J'ai vécu bien plus que je ne pourrais en écrire ou en dire. Merci merci merci j'ai vécu, tout simplement. La vie, la vraie, au sens où je l'entends. 



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