lundi 28 décembre 2015

Ambi-valence.

Il est difficile pour ma plume d'écrire en ce moment. Quelles en sont les raisons ? Sont-elles concrètes ? 

L'humain me fatigue, et m'anime.
Le feu me brûle, et me transcende.
La peur m'a quittée, il y a bien longtemps.

Qu'ai-je à perdre ? Tout ? Rien ? Toujours le même refrain.
Comment savoir que j'agis correctement ? Qu'est ce qu'agir correctement ? Est-ce se positionner face à une force supérieure, personnalisable et vénérable ? Est-ce me coucher sereinement chaque soir en me penchant sur la journée écoulée ? Est-ce avancer sans se triturer l'esprit sur des sujets à consonances opposées ?

Qui a raison ? Qui a tort ?

Que dois-je à l'humanité, qu'est ce que je vous dois ? Qu'est ce que je TE dois, à toi, qui me lit, ou pas.
Je ne te dois rien, et pourtant ma culpabilité se noie toute seule dans son verre à moitié plein. Elle se débat, avec acharnement, avec acuité, avec volonté de savoir, et d'éprouver. Et au final, mon corps se tord, sous une impulsion puissante et impalpable.
Je n'en peux plus, de devoir me justifier, je n'en peux plus, de devoir m'expliquer. Je refuse que ma plume s'en aille, voguer vers d'autres cieux. Je refuse de laisser mon âme en pâture à cette meute de chiens enragés, persuadés qu'il y a quelque chose à défendre, un morceau de viande après lequel courir jusqu'à épuisement. 
Je ne peux même plus regarder ces chiens avec compassion, mon ressentiment s'exacerbe à mesure que l'affrontement s'exprime. La haine pestifère au sein de mes vaines. La haine ronge un coeur entier. La haine empoisonne le plus délicieux des mets. 

Comment trouver le compromis ? Qui alliera mon âme à la vie ? Qui alliera les autres et moi ? Moi et les autres. Les autres, seulement. J'y vouerais ma vie, peut-être. 


Parfois j'aimerais laisser parler mes bas instincts, mon bas ventre a faim de violence et de cris. Mon ego veut s'exprimer. Mon esprit veut l'évincer. Un combat permanent entre deux forces complémentaires que je dois trouver la force d'allier.
Ces êtres se prenant pour ce qu'ils ne sont pas, ne seront jamais, ceux qui critiquent et s'empoisonnent allègrement en prenant ça pour un divertissement, ceux qui jugent en croyant être impartiaux... Rien ne saurait m'anéantir plus à ce jour.

Mes frères, vous n'êtes plus les miens, je choisis de vous quitter. Je choisis. N'y voyez rien d'autre que le dernier souffle de l'ego. Je vous quitte pour survivre. Pour éviter de livrer mon innocence et ma foi à des êtres pervertis et aigris. Je vous quitte pour ne pas ternir, je vous quitte pour ne plus souffrir. Aidez-vous, aimez-moi, toujours. A jamais, le souvenir cuisant de moments partagés entre deux éternités, qui ont laissé un fossé se creuser. Un gouffre béant, sur l'écueil de nos espoirs mourants. 

Aucune fatalité, aucune conscience. Des choix, et encore des choix. 
Marchez.

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